© 2009 Pierre Pilon

Majeur et vacciné… ou pas?…

Ces derniers mois, nous sommes inondés d’informations sur le fameux virus A-H1N1. Je devrais plutôt dire qu’on en entend beaucoup parler, mais sommes-nous mieux informés pour autant? J’ai plutôt l’impression que l’actualité nous souffle plutôt le chaud et le froid sur cette question. À un point tel qu’autant les pros que les antis-vaccins y trouvent leur compte. D’un côté, la Direction de la Santé publique s’évertue à dire que les plus malades sont des gens en santé de moins 40 ans. De l’autre, toutes sortes d’informations continuent de circuler sur les effets secondaires, quand ce n’est pas quelqu’un qui connaît quelqu’un dont l’amie de la femme a eu des problèmes…

Et là, je ne parle même pas de ce qu’on retrouve sur internet. Que ce soit sur le site « paranoia.ca » ou celui de « jenesuisjamaismalade.com », les informations sur la grande toile vont dans toutes sortes de directions comme des objets volants non identifiés, des « Scuds » qui trouvent leur chemin jusque dans le cerveau des bien-pensants. J’ai même reçu dernièrement un lien sur YouTube qui raconte l’histoire d’une Américaine qui est restée avec de graves séquelles du vaccin. Depuis, la seule façon pour la jeune femme de fonctionner normalement c’est si elle marche ou court à reculons… « Give me a break ! ». Je l’ai toujours dit, le grand avantage d’internet c’est que l’on trouve de tout. Mais le problème avec internet c’est aussi que l’on trouve n’importe quoi.

On n’est jamais trop informé et on pourrait justement se réjouir du fait qu’il y a beaucoup d’information disponible. En principe, plus il y a d’information qui circule, mieux nous sommes informés… Pourtant, le citoyen moyen qui veut savoir s’il devrait ou non se faire vacciner se retrouve plutôt confronté avec tout et son contraire. Un optimiste et un pessimiste qui suivent moindrement les nouvelles risquent de trouver de quoi alimenter, chacun de leur côté, leurs peurs et leurs espoirs. Quoi comprendre alors?

Sans faire une étude scientifique, quelques éléments s’imposent à notre réflexion. D’abord, il y a la question du choix des sources d’information. Se peut-il qu’on s’abreuve essentiellement et généralement toujours à la même source? Ensuite, se peut-il que ce choix soit surtout orienté en fonction de ce qui soutient et conforte le plus nos valeurs et notre point de vue? Ainsi, le danger de la source unique réside dans le fait d’être exposé, jour après jour, au même type de traitement de l’information, bref, à la même vision des choses.

Si, comme on dit, du choc des idées jaillit la lumière, nous avons donc tout intérêt à varier le plus possible nos sources d’information. Si on cherche à se faire une opinion à partir de différentes sources, on parle bien sûr de sources crédibles, notre regard sur les choses et notre point de vue sur les choses risque d’être plus équilibré parce que plus éclairé. Donc, la morale de cette histoire… si vous voulez savoir s’il vaut mieux être vacciné ou pas, si vous voulez savoir si la récession est vraiment terminée ou même, si les Canadiens vont remporter la Coupe Stanley, vous avez tout intérêt à multiplier vos façons de vous informer. Vous n’aurez peut-être pas la réponse définitive à ces questions, mais vous risquez sans doute d’avoir un point de vue plus éclairé. Et dans une société démocratique, un citoyen bien informé est pas mal plus utile et efficace que son contraire. À bientôt!